Jacob Schwirtz, dans son article This isn’t your grandmother’s social media revolution, décrit très bien la différence entre ce qu’il appelle le social viewing et la social TV. Il récrimine, avec raison, contre le fait que sous le vocable buzz « social TV » on range tout et n’importe quoi. Il dit en résumé que le social viewing cela va très vite devenir la norme, et que la social TV on en voit encore très peu! Selon lui c’est le mariage entre le social media et les programmes TV.
Aujourd’hui faire du social, à l’ère du Fessebouc et du tviiiitter, cela devrait effectivement être obligatoire. Et l’on peut se demander pourquoi les chaines françaises ne s’y lance pas à corps perdu pour augmenter leurs audiences défaillantes. Imposer le social viewing, c’est utiliser un nouvel usage pour renforcer l’ancien le leanback. A quand chez TF2, bizARTE, France 12 et M8, un département marketing social, avec un vrai budget, pour créer des événements par des actions de social viewing.
La vrai social TV chère à Jacob, c’est plus difficile, cela demande que les producteurs et les auteurs s’attribuent ces nouvelles écritures, où le contenu, le programme rencontrent concrètement les usages sociaux: contribution, collaboration, cocréation, crowdsourcing, engagement du jeu, etc. De telles dispositions sont néanmoins inscrites dans les COM des chaines publiques, et c’est bien. Encore faut il le faire, et les départements transmedia des chaines se développent petit à petit, mais trop lentement au goût de jeunes producteurs pleins d’idées novatrices.
Comment passer du savoir, le social c’est surement utile, à la compréhension, la social TV je kiffe ? Par l’expérience. L’expérience des professionnels, et l’expérience des spectateurs. Faisons l’expérience de plonger les spectateurs dans une expérience de contenu social. Commençons par quelque chose à mi-chemin entre le social media et le transmedia. Appelons cela du marketing transmedia. Pour qu’il soit intelligent, ce marketing doit commencer avant la diffusion, exister pendant et continuer après. Il doit être imaginé dès la conception du programme, et en cohérence avec lui, éditorialement. Il doit donc être réalisé conjointement par le producteur et le diffuseur. Et oui, ça coute du temps et de l’argent!
Faisons la social media revolution!
Que les chaines imposent, par contrat, au producteur, de dépenser 10 % des sommes réservés à la production pour ce marketing transmedia, et qu’elles ajoutent elles aussi 10% tiré de leur enveloppe marketing. Avec ces 20%, producteurs et diffuseurs pourraient construire ensemble cette social TV, pour donner à vivre aux spectateurs une expérience riche sur TOUS ses écrans.
